Vieille-Toulouse

Les Volques Tectosages et leur capitale, l’antique Tolosa, bénéficient d’une rare abondance de textes antiques à leur sujet, portant sur les raids menés jusqu’en Asie mineure, leur rébellion contre les Romains suivie du sac de leur ville, et surtout sur les quantités de métaux précieux accumulés dans des étangs et enclos sacrés.

Plusieurs pôles d’occupation protohistorique sont attestés dans ce secteur de la vallée de la Garonne. À Cluzel notamment, un petit établissement d’un demi-hectare a livré une importante stratigraphie couvrant tout le premier millénaire avant J.-C., avec en particulier une occupation des VIe et Ve siècles caractérisée par d’intenses contacts commerciaux avec les régions alentour et la côte méditerranéenne : les céramiques à peinture graffitée du Centre-Ouest de la Gaule, les vases étrusques en bucchero nero, les vases attiques à figure noire et rouge, ou encore les amphores massaliètes attestent des ces relations.

Si la fin de l’âge du Fer est également marquée par l’existence de plusieurs pôles d’occupation proches (Estarac, quartier Saint-Roch, caserne Niel…), celui de Vieille-Toulouse doit pouvoir être considéré comme l’oppidum principal : il s’agit d’un éperon dominant la Garonne, et délimité sur la plupart de ses côtés par des versants abrupts dont les plus importants dépassent les 100 m de hauteur.  La découverte d’un tronçon de fossé, dont la taille marque le caractère défensif, permet d’envisager la présence d’un rempart. La surface du site est estimée à 140 ha.

Malgré d’importantes destructions liées à l’aménagement d’un terrain de golf, l’occupation du site est désormais relativement bien appréhendée. Elle débute dès le Ve siècle av. J.-C., mais se développe surtout à la fin de l’âge du Fer, peut-être dès la fin du IIIe siècle jusqu’au changement d’ère. Plusieurs zones d’habitat ont été repérées, caractérisées par une organisation structurée autour de fossés de parcellaire et de maisons sur poteaux ou en terre crue. Les artisans (potiers, bronziers et tabletiers) sont rejetés en périphérie de l’habitat.
La sphère cultuelle est marquée par la présence de deux sanctuaires, l’un fondé dès la fin du IIe siècle av. J.-C. et l’autre, de type fanum, dont l’utilisation débute au milieu du Ier siècle av. J.-C. Enfin, et peut-être surtout, l’occupation du site est marquée par la présence de puits à caractère rituel et/ou funéraire, dont 400 ont été repérés et pas moins de 66 fouillés : profonds de 8 à 17 m, ils contenaient un abondant mobilier constitué de céramiques, d’amphores, de vaisselle métallique, d’armes et, parfois, d’ossements humains calcinés. Ces structures répondent à celles de même type découvertes notamment dans le quartier Saint-Roch de Toulouse.


SITUATION ADMINISTRATIVE

Nom usuel : Vieille-Toulouse

Commune : Vieille-Toulouse

Lieu-dit : La Planho

Nom antique : Tolosa

Département : départ. Haute-Garonne (31)

Région : Midi-Pyrénées

Pays : France

Civitas : Volcae Tectosages

TOPOGRAPHIE ET REMPARTS

Superficie : 140 ha

Topographie :  Éperon barré

Nb de phases du rempart : -

Nb de portes connues : -

Nb de portes fouillées : -

Architecture de rempart : 

OCCUPATION INTERNE DE L'OPPIDUM

Zone cultuelle / Sanctuaire | Zone d'habitat | Zone artisanale


ENVIRONNEMENT DE L'OPPIDUM

Agglomération | Faubourg


CHRONOLOGIE DU SITE

Chronologie relative :  LT C1, LT C2, LT D1, LT D1a, LT D1b, LT D2, LT D2a, LT D2b, Augustéen

Occupation du site : 
Hallstatt moyen-final (Ha D)-La Tène ancienne (LT A)
La Tène ancienne (LT B)-La Tène moyenne (LT C)
La Tène finale (LT D)
Haut-Empire


Chronologie absolue : -


BIBLIOGRAPHIE

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GESTION ET MISE EN VALEUR

L'oppidum de Vieille-Toulouse est accessible mais n'est pas équipé. Les terrains appartiennent à des particuliers et une petite partie a été mise en réserve archéologique. Un terrain de golf est également installé sur l'oppidum. Il ne reste presque aucun vestige visible, excepté une motte verrouillant l'entrée du site au sud. La dernière opération archéologique a été une fouille préventive sous la direction de Ph. Gardes en 2007.
Le site est traversé par le sentier des « chemins tolosans » et sur son sommet se trouve une table d'orientation.

(Camille Daval - ArchéoMédia, avril 2008)


PHOTOTHEQUE

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Bertrand Bonaventure