Alésia

La localisation du siège d’Alésia, après d’importants débats ayant animé la communauté archéologique depuis le XIXe siècle, semble être aujourd’hui définitivement fixée sur le Mont-Auxois à Alise-Sainte-Reine. Il s’agit d’un plateau calcaire dont la surface avoisine les 100 ha, délimité par un système continu de falaises de plus d’une centaine de mètres de hauteur.

Le plateau a été l’objet de fréquentations anciennes : des traces d’occupation et de fortification datables du Néolithique, de l’âge du Bronze et du premier âge du Fer y ont en effet été découvertes.
Au second âge du Fer, le site est doté d’aménagements défensifs aux endroits les plus vulnérables : des remparts de type murus gallicus sont édifiés au niveau des principaux accès, aux extrémités est et ouest du plateau. Malgré des réaménagements postérieurs ayant fortement contribué à la destruction du système d’entrée, les reliquats d’une porte à ailes rentrantes ont été identifiés à l’est.

L’occupation de l’oppidum mandubien semble débuter dès La Tène D1b, mais c’est la phase récente de La Tène finale qui est la mieux représentée : la fouille menée sous le centre de l’agglomération antique a révélé l’existence de lotissements organisés selon un parcellaire rigoureux, et caractérisés par la présence d’activités artisanales (forgerons et bronziers). Un sanctuaire de source est par ailleurs attesté.

Les recherches portant sur les structures du siège césarien, menées principalement à la fin du XIXe siècle et dans les années 1990, ont contribué à définitivement identifier le mont Auxois comme l’Alésia du siège de 52 av. J.-C. Le nom antique d’Alisiia est par ailleurs conservé sur une inscription en langue gauloise découverte au XIXe siècle. Les différentes méthodes archéologiques appliquées au site et à son environnement (prospections aériennes, fouilles) ont permis de documenter avec précision les différents éléments mobiliers et immobiliers liés au siège : les structures de contrevallation et de circonvallation, les castella et leurs systèmes d’entrée protégés (titulum et clavicula), jusqu’aux pièges conçus par l’armée romaine (cippes, chausses-trappes…). Le mobilier associe céramiques et pièces d’armement caractéristiques : boulets en pierre, traits de catapultes, pointes de flèche, balles de fronde, clous de chaussures…

Le siège d’Alésia n’entraînera pas d’abandon définitif du site, puisque le plateau sera le lieu d’établissement et de développement d’une agglomération romaine. Il est aujourd’hui l’objet d’un projet d’aménagement visant à rendre accessible au public les connaissances accumulées sur ce haut lieu historique, à travers la construction d’un centre d’interprétation et d’un musée.


SITUATION ADMINISTRATIVE

Nom usuel : Alésia

Commune : Alise-Sainte-Reine

Lieu-dit : Mont Auxois

Nom antique : Alésia

Département : départ. Côte-d'Or (21)

Région : Bourgogne

Pays : France

Civitas : Mandubii

TOPOGRAPHIE ET REMPARTS

Superficie : 90 ha

Topographie :  Éperon avec barrages multiples

Nb de phases du rempart : 1 ?

Nb de portes connues : 2

Nb de portes fouillées : 2

Architecture de rempart : 

1 - Murus gallicus LT finale

OCCUPATION INTERNE DE L'OPPIDUM

Voirie place | Zone cultuelle / Sanctuaire | Zone d'habitat | Zone artisanale


ENVIRONNEMENT DE L'OPPIDUM

-


CHRONOLOGIE DU SITE

Chronologie relative :  LT D1b, LT D2a, LT D2b, Augustéen

Occupation du site : 
Néolithique
Bronze ancien-moyen
Bronze final (Bz. D, Ha A-B)-Hallstatt ancien (Ha C)
La Tène finale (LT D)
Haut-Empire


Chronologie absolue : -


BIBLIOGRAPHIE

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Reddé M., Von Schnurbein S.
, Alésia. Fouilles et recherches franco-allemandes sur les travaux militaires romains autour du Mont-Auxois (1991-1997). 2 - Le matériel, Paris : De Boccard, 2001, 386 p. (Mémoires de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 22).


GESTION ET MISE EN VALEUR

L'oppidum d'Alésia est un des sites archéologiques les plus connus de France mais il souffrait jusqu'alors de son manque de lisibilité et de l'étroitesse du musée d'Alise-Sainte-Reine. Une grande partie des 7000 hectares correspondant à l'oppidum et aux camps de César sont recouverts d'une forêt qui rend difficile la compréhension du site.

Le conseil général de la Côte d'Or, propriétaire du terrain, a décidé de remédier à la situation en 2004 et a lancé un grand programme d'aménagement d'un « parc archéologique ouvert ».
Le cabinet Bernard Tschumi Architectes, lauréat du concours, a proposé un projet ambitieux mettant en synergie l'histoire et le paysage pour permettre au public de comprendre successivement le point de vue de l’assiégeant et celui de l’assiégé et pour appréhender les différentes cultures qui se sont succédées sur ce site au cours des premiers siècles de notre ère. Le parc sera donc composé de plusieurs pôles :
- le centre d'interprétation des assiégeants et de la reconstitution d'une partie des lignes fortifiées romaines permettront de présenter la guerre des Gaules.
- le musée de la civilisation gauloise, le « champ de fouilles », et la base archéologique traiteront plus largement de l'occupation humaine du territoire.

Avec une ouverture progressive prévue dès 2010, le Parc d'Alésia sera le plus grand parc archéologique d'Europe et rendra au site toute son importance aux yeux du grand public.

Pour en savoir plus, contacter la SEM en charge du projet :
SEM Alésia - 25 bis, rue du Rochon - 21150 ALISE-SAINTE-REINE / Tel : 03 80 96 96 23
Internet : http://www.alesia.com/

(Camille Daval - ArchéoMédia, mars 2008)


PHOTOTHEQUE

Vue aérienne depuis l'ouest du Mont-Auxois. A droite de l'image, la montagne de Flavigny Vue aérienne du Mont-Auxois, depuis l'ouest

Bertrand Bonaventure