La Chaussée-Tirancourt

Le «Camp de César» est un des sites fortifiés les plus remarquables du Nord-Ouest de la France. Déjà bien connu au début du XIXe siècle, il était interprété par le comte d’Allonville comme un des camps de César de la seconde campagne de Belgique, en 54 av. J.-C. Mais ce n’est qu’à la fin du XXe s. qu’il a connu des fouilles, d’abord sur le rempart et la porte principale (1983-90), puis sur la porte intérieure de 1990 à 1993.
Le site, installé sur le plateau crayeux picard en plein territoire du petit peuple de Gaule Belgique des Ambiani, se présente sous la forme d’un éperon barré de 35 ha, qui surplombe au sud la vallée marécageuse de la Somme et au nord la vallée de la rivière Acon. Le troisième côté est défendu par un immense rempart qui décrit un arc de cercle presque parfait et qui est devancé par un large fossé à fond plat. L’ensemble de cette fortification atteint une largeur de près de 50m, et forme un obstacle parfait contre les machines de guerre romaines. La porte principale se trouve au centre du rempart et correspond à une interruption du creusement du fossé. À l’intérieur de l’enceinte, se dessine un second rempart doublé d’un fossé de taille beaucoup plus réduite, qui délimite une surface d’une dizaine d’hectares.
Le rempart a connu deux phases de construction, d’abord un talus massif, remplacé par un rempart à poutrage interne. La porte principale, du type Zangentor, a également connu deux phases de construction. Elle comportait trois rangées de six poteaux et un bâtiment était construit sur les deuxième et troisième lignes.
Le mobilier archéologique date le site de la seconde moitié du Ier s. av. J.-C. L’originalité de cet oppidum est la présence en très grande quantité d’oboles massialiottes et de monnaies exogènes, ce qui laisse supposer une importante présence militaire romaine sur le site, ou du moins de troupes auxiliaires.
Ce site n’est pas isolé puisque, tout le long de la vallée de la Somme, se trouve un alignement des sites fortifiés de même taille et régulièrement espacés : Mareuil-Caubert, Liercourt-Erondelle, Chipillly.


SITUATION ADMINISTRATIVE

Nom usuel : La Chaussée-Tirancourt

Commune : La Chaussée-Tirancourt

Lieu-dit : Camp de César

Nom antique : -

Département : départ. Somme (80)

Région : Picardie

Pays : France

Civitas : Ambiani

TOPOGRAPHIE ET REMPARTS

Superficie : 35 ha

Topographie :  Éperon avec barrages multiples

Nb de phases du rempart : 2

Nb de portes connues : 2

Nb de portes fouillées : 2

Architecture de rempart : 

1 - Talus massif 

2 - Rempart à poutrage interne 

OCCUPATION INTERNE DE L'OPPIDUM

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ENVIRONNEMENT DE L'OPPIDUM

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CHRONOLOGIE DU SITE

Chronologie relative :  LT D2b, Augustéen

Occupation du site : -


Chronologie absolue : -


BIBLIOGRAPHIE

Agache R., Notes préliminaires sur les camps protohistoriques et gallo-romains du bassin de la Somme, Revue du Nord, 44, 1962, p. 319-338.
Agache R.
, La Somme préromaine et romaine, Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, 24, 1978.
Agache R., Bréart B.
, Atlas d’archéologie aérienne de Picardie, Amiens, 1975.
Brunaux J.-L., Fichtl S., Marchand Ch.
, Die Ausgrabungen am Haupttor des « Camp César » bei La Chaussée-Tirancourt (dept. Somme, Frankreich), Saalburg Jahrbuch, 45, 1990, p.5-45.
Buchsenschutz O.
, Structures d’habitats et fortifications de l’Age du Fer en France septentrionale, Mémoires de la Société Préhistorique Française, 18, 1984.
Vasselle F.
, Sondages devant l’oppidum de la Chaussée-Tirancourt, Celticum, 15, 1966, p. 33-46.
Wheeler M., Richardson M.
, Hillforts of Nothern France, Society of Antiquaries, Londres, 1957.


GESTION ET MISE EN VALEUR

L'oppidum de la Chaussée-Tirancourt est accessible, mais son aménagement n'en est pour l'instant qu'au stade de projet. Il est classé Monument Historique.
À proximité immédiate, le parc archéologique de Samara l'évoque brièvement.

Plusieurs projets sont en cours : la création par l'Etat, la Région et le département d'une « Route des Oppida » qui aurait Samara comme point d'ancrage et le développement touristique par le département. Celui-ci vise la réappropriation des terrains pour y reconstituer la porte de l'oppidum qui abriterait un espace d'exposition.
Pour en savoir plus, contacter le parc de Samara : f.delaune@somme.fr / http://www.samara.fr

(Camille Daval – ArchéoMédia, avril 2008)


PHOTOTHEQUE

Vue aérienne

Stephan Fichtl